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Secteur Europe

Avec les récents problèmes de solvabilité de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne, la zone euro est à un tournant de son histoire. Certains médias parlent même de la fin de la monnaie unique. Cependant, l’ensemble des États de l’Union Européenne participe activement à ce que l’Europe reste une zone forte et influente.

Nous avons pu constater que l’Euro était en chute il y a seulement quelque mois, passant de 1,51 dollar à 1,19 dollar début juin 2010, d’où les rumeurs sur le retour des monnaies nationales. Cette chute est notamment due à l’annonce de la politique d’austérité de l’Allemagne et de l’Espagne, sachant que le point d’origine reste la défaillance de l’État Grec. Mais il ne faut pas y voir forcément le côté négatif. En effet, un euro fort pénalisait les exportations vers les autres continents. Dans un contexte de sortie de crise, où les économies asiatique et américaine sont en train de repartir, un pays exportateur tel que l’Allemagne ou la France va devenir plus compétitif sur le plan mondial. Cela aura donc un impact sur la balance commerciale et par conséquent sur la croissance du PIB.

Toutefois, cette croissance risque d’être freinée par un taux d’inflation en constante hausse. En effet, le taux s’établissait à 1,4% en avril 2010 et a encore augmenté en mai, 1,5%. Il ne faut pas oublier également le taux de chômage qui, dans le Vieux Continent, reste un véritable problème, et ceux depuis un certain nombre d’années. La crise n’est venue qu’amplifier un problème déjà existant. Dans la zone Euro, le taux de chômage oscille autour de 10% depuis le début de l’année, restant relativement constant voire en très légère hausse. Cette information, globale, est très différente d’un pays à l’autre, selon que nous nous focalisons sur l’Allemagne ou sur la Grèce, deux pays ayant des évolutions totalement divergentes. Une croissance molle et un taux de chômage assez fort ne présage rien de bon pour les mois à venir. Par ailleurs, sachant que les politiques d’austérité s’étalent jusqu’en 2013 pour la plupart, les mois à venir risquent d’être difficiles à négocier.

Mais quelques signes laissent à penser que la croissance fait son retour. Comparativement au même moment l’année précédente, la production industrielle a augmenté de 9,5%, en constante augmentation. Le niveau reste encore loin des pics que nous avons connus par le passé, notamment en Avril 2008. Ceci laisse à penser que le potentiel de croissance est grand. Par ailleurs, une information est venue secouer les marchés financiers sur l’avenir de la Grèce. En effet, la Chine pourrait investir plusieurs milliards dans la construction navale et les télécoms. Par ailleurs, le gouvernement grec tente d’attirer les investissements étrangers des pays arabes et du Moyen-Orient afin de relancer son économie, gravement touchée par la crise. Cela tombe à point pour l’État Grec qui vient de voir sa notation régressée au rang de junk bonds (obligations pourries) par l’agence de notation Moody’s.

Avec tous ces constats, le Président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, laisse les taux directeurs inchangés à 1% (à ce niveau depuis mai 2009) et table sur un taux de croissance de la zone euro compris entre 0,7% et 1,3%, plus élevé que les précédentes prévisions de 0,4% et 1,2%. La BCE a, en revanche, abaissé ses prévisions de croissance pour 2011. Cette décision s’explique par les conséquences des différents plans d’austérité qui sur le moyen-terme, tendent à rendre les pays moins compétitifs du fait d’un investissement moins important. A long-terme, cette politique permettra de réduire le déficit du pays par une baisse des coûts et des dépenses publiques. Les comptes seront donc assainis et les pays pourront repartir sur de bonnes bases. En attendant, la croissance sera faible et le taux de chômage fort, ce qui provoque une certaine polémique autour de ces décisions.

En se basant sur les faits passés, la Banque Centrale Européenne, sous la houlette de son président a tendance à privilégier un Euro fort. En constatant que la parité Euro/Dollar a chuté ces derniers mois, nous pouvons d’ores et déjà anticiper que la parité devrait augmenter à moyen-terme. Cela se justifie par la récente remontée de l’Euro par rapport au Dollar.

Il faut faire attention à une trop forte hausse de l’Euro face au Dollar car les politiques d’austérité des pays de la zone Euro risquent de ralentir la croissance économique. Un euro fort pénalise les exportations, et ce paramètre est à prendre en considération. Il faudra suivre l’actualité de l’Union Européenne avec grande attention, et notamment les actions de la BCE.

A l’heure actuelle, les taux directeurs courts et longs sont historiquement bas, à savoir 0,65% pour les taux courts et 1% pour les taux longs. Nous ne pouvons que nous attendre à une remontée des taux à moyen et long terme. Bien qu’un taux bas, théoriquement, incite les entreprises à investir et les ménages à s’endetter, la crise passée a instauré un climat de tensions concernant les prêts. En effet, les banques sont plus réticentes à prêter, les entreprises n’osent plus investir, et les ménages, déjà fortement endettés, ont du mal à rembourser leurs échéances.

Il faudra du temps pour sortir de la crise d’un point de vue psychologique. La confiance entre les différents agents économiques doit se rétablir. Or, la confiance se gagne avec le temps. En ce sens, une sortie de crise ne pourra pas se faire avant 2011, alors que certains analystes tablaient pour un retour à la normale en 2010.

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